Le temps est à mes yeux la seule valeur à laquelle on puisse se
fier.
Dernièrement, j’ai été dérouté, lorsqu’une relation de 7 ans s’est brusquement
arrêtée, sans aucune explication. Du jour au lendemain… Sans un mot, sans un geste, cette relation a pris fin sans que je ne puisse rien y faire.
Alors voici ce qu’il me reste de cette expérience : Ce n’est pas parce qu’une
seule personne a choisi de jeter aux orties tout ce temps émotionnel que nous partagions que je dois cesser de croire au temps qui passe… Ou je finirai par ne plus croire en rien, et je ne veux
pas que ça arrive.
Je crois au temps qui passe avec vous. Je crois qu’il passera encore… Inscrivant
dans son sillage les tumultes et les bonheurs. Être ami avec vous, c’est regarder sereinement le temps qui passe, et ne jamais souhaiter qu’il s’arrête... Même si nous sommes parfois
éloignés.
Après avoir été privé de lolita et de copines pendant plusieurs mois, en rentrant à
Paris, j'ai rattrappé cela de mon mieux ^^.
J'ai joué à Guitar Hero à la soirée G shock de Casio au musée de l'homme avec les
copines dans une robe que j'ai cousu pendant mes vacances à la Réunion...
J'ai visité le musée d'Orsay avec les copines...
J'ai été à Disney pour la soirée pas si trouille que ça... Avec les copines
^^.
Dieu ce que j'aime être une loli, et le plus souvent dans les rues de Paris, ce sont
des sourires que je rencontre, peut-être parce que les parisiens commencent à s'habituer à nous voir dans le décor... Ils doivent trouver cela plus gaie, mignon et coloré, donc ils sourient... Ce
qu'ils pensent ensuite, je ne prétends pas vraiment le savoir et pour dire vrai, quand je sors faire mes courses, je n’y pense pas. Cela dit, de plus en plus de gens reconnaissent notre style
dans la rue ^^.
Je me rends compte que le lolita est vraiment une mode tournée vers nous même. Il ne s’agit pas d’être dans la tendance ou de plaire aux autres. Nous voulons faire plaisir à la "petite princesse
que nous avons gardé dans notre cœur" comme dirais François Amoretti. Plaire aux autres… C’est devenu le dernier de mes soucis.
J’ai conscience que cela est difficilement compréhensible pour une société qui ne se
soucie plus de préserver l'Enfance des tous ses messages sexualisés dont elle nous assomme. Quand j’étais petite, ma mère me cousait des robes à col rond, avec une ceinture qui se nouait en un
gros nœud dans le dos. Les petites filles d’aujourd’hui portent des jeans moulants, des strings et des petits tops. Je voulais la barbie « princesse Émeraude », elles veulent le dernier
Ipod, et leurs barbies ne ressemblent plus aux miennes, elles ont des lèvres gonflées comme des pneumatiques. Mon Ken préféré était la Bête (la Belle et la Bête) ou Aladin, pas un 5Ocent en
manque de sexy bitch. Dès qu'elles ont l'âge de sortir, elles se font prendre sur le capot d’une voiture à la sortie des boîtes de nuit complètement beurrées. Cela ne m’intéresse
pas.
Dès que vous lisez ces mots vous pensez « alors cette fille est une coincée
hyper prude », et revoici le cliché. Pour tout dire, je me retrouve un peu dans la philosophie d'Épicure, profiter des bonnes choses de la vie, sans en abuser. Je vis bien. Je ne me prive de
rien. Un exemple, j’aime sortir danser, raison pour laquelle je ne m’imbibe pas d’alcool à en perdre la tête. Je préfère tout simplement être sur la piste de danse à m’exprimer et à
extérioriser gestuellement que de vider mon esprit au fond des bouteilles au bar. Quand je rentre chez moi, j'ai les jambes flageollantes d'avoir danser toute la nuit, les yeux remplis d'éclairs
multicolores et le sourire joyeux encore pétillant de champagne... Je me suis amusé et je suis satisfait de ma soirée.
De retour à Paris, où j'enchaîne les moments merveileux, entre sorties au Musée d'Orsay, restaurant japonnais avec les copines, bar goth métalleux et boîte de nuit avec les amis de longue date,
soirée de rêve sur invitation au musée de l'Homme privatisé pour l'occasion avec les derniers DJ en vogue du moment...
Je suis tellement heureux d'être une lolita à Paris!!!
Je me suis fait un peu plaisir aussi pour renouveller mon stock de socks...
Ainsi qu'un set gagné aux enchères japonnaises:
Enfin, la machine à coudre tourne beaucoup aussi, au travail Korrigan!!!
J’ai changé. Il y a deux ans, cette date me terrifiait, mais je n’ai plus de
différent avec la vie à présent. Je suis même heureux de passer cette journée avec mes proches. Heureux de mettre du champagne au frais, de préparer le repas, de réfléchir à la déco de la table.
Il y a des personnes que j’aimerais jusqu’à mon dernier souffle, et je suis heureux qu’elles partagent ma table pour célébrer ma courte vie et cette nouvelle année de vie qui s’annonce. Je ne
sais pas quand je pourrais de nouveau le célébrer à leurs côtés, alors je suis vraiment reconnaissant.
Une branche de bougainvilliers pointe ses cônes de fleurs rose fushia dans le ciel
bleu de l’hémisphère Sud. Le combava est en fleurs, les tangors grossissent sur leurs branches et les mangues vertes n’attendent que d’être battues en rougail. La vie est simple pour moi
aujourd’hui.
Dernièrement, j'ai fait la mauvaise expérience de lire sur un forum d'une autre
communauté des propos irrespecteux et réducteurs à l'égard des lolitas. Ce qui était à l'origine un moment assez désagréable et affligeant pour moi m'a mené à une reflexion que j'aimerai partager
avec vous.
La mode lolita est une métisse.
À l’image de mon bien aimé pays, c'est une terre de métissage. C'est une mode
curieuse , friande de nouveauté, riche et en constante évolution. Vous voulez des preuves ? Voici un extrait des sous-sections lolita :
Gothic Lolita
Classic Lolita
Sweet Lolita
EGL
EGA
Punk Lolita
Country Lolita
Kuro Lolita
Shiro Lolita
Hime Lolita
Pirate Lolita
Steam Lolita
Industrial Lolita
Gorgeous Lolita
Wa Lolita
Qi Lolita
Guro Lolita
Etc...
Vous voulez une autre preuve irréfutable que le lolita est une mode métissée ? Elle
est née du mariage entre le rococo et le victorien occidentaux à la créativité délirante de quelque japonais, avant de revenir en Occident transformée en mode urbaine aux possibilités illimitées
! Quelle autre mode a t’elle sue aussi bien réunir en son sein les valeurs de deux univers complètement à l’opposé de la planète pour donner un résultat aussi explosif d'une portée
internationale ?
Le lolita est donc considérée comme une « bâtarde ». Chez les occidentaux, elle est
japonaise, et chez les japonais, elle est occidentale. Son esprit enfantin est incompris par l'Occident Nabokovisé et son élégance occidentale dérange les puristes de l'esprit
japonais... Qu’il en soit ainsi !
Je suis heureux de ne pas connaître de limite, de pouvoir ainsi combiner au gré de
mes envies du moment cet esprit lolita à tout ce qui traverse mon imagination. Je suis un « bâtard de la mode » et ça me convient très bien :p.
Dans notre bulle, il n’y a pas d’extérieur inquisiteur pour nous faire un procès
d’apparence et nous ne nous privons de rien. Du délire poussé à l’extrême et la plus sobre élégance, tout ou presque nous est permis, du moment que la jupe demeure bouffante et la tenue décente,
of course.
Sur ce, je m’en vais avec le sourire dessiner quelques nouveaux modèles de robes et
de vestes puisque la saison fraîche arrive !
Miaous voici donc mes nouvelles acquisitions pour cette saison !
C'est une coordination sur laquelle j'ai flashé dès que je l'ai vu, je sais que c'est vraiment très différent de ce que j'ai pu porter jusqu'ici mais miaous, tant pis, dans cette robe, je ne
pourrais que me sentir léger... Léger... Miaous! Voici donc ma coordi "L'Oiseau Bleu":
Ce sera ma première robe mint, je suis tellement impatient de l'avoir X3 !!! Il ne me manque que les boucles d'oreilles et le collier assorti et j'ai le set complet !
Je me pose cette question car j'ai parfois l'impression que c'est ce que les gens pensent de moi. Une nana squelettique qui n'est obsédé que par son image et qui ne ressent rien.
Les personnes que j'aime savent comme je me force à contenir mon hypersensibilité. Je ne connais pas la demi-mesure, soit vous n'êtes rien pour moi... Soit au contraire vous êtes tout.
Est ce que c'est une preuve que je ne suis pas superficiel?
J'aime la transformation. Passer d'un moi à l'autre en quelque coups de pinceaux. Les robes de princesses sont pour moi comme des portes inter dimensionnelles, chacune m'offre un voyage unique
hors de ce que les gens normaux appellent "La réalité" et qui n'est que ce que eux considèrent comme étant concret.
On m'a dit une fois que les lolitas étaient une sorte de secte de gens vivant en marge de la société, refusant de sortir de leur monde féerique et portant des oeillères pour ne pas voir ce que la
société pense d'eux.
Nous savons ce que les gens pensent de nous... Déguisés, en regression, à côté de leurs pompes au mieux. Dans un délire pervers, au pire.
Mais aussi et surtout : superficiels.
On m'a dit aussi que c'était une bulle où se réfugier quand on a été molesté.
Alors, que suis-je au final? Juste superficiel ou un peu trop névrosé?
En passant, mes dernières acquisitions de névrosé superficiel:
Je ne crois pas que l'on puisse faire plus kitch ^^. Mais j'ai craqué pour les perles, et la couleur rouge pétant! Je trouve ces chaussures tellement mignonnes et optimistes! (Des
chaussures optimistes? C'est quoi encore ce concept douteux?).
Bref ces chaussures se marieront à merveille à ma dernière création Polka rouge:
J'ai eu envie d'une robe polka rouge... Parce ça aussi c'est très optimiste...
Puis j'ai pris aussi ces chaussures blanches pour les jours où je me mets en mode classique. D'ailleurs j'ai presque fini une robe classique, ça ira très bien ensemble ^^.
Bon, à la fin de cet article, si je suis "normal", je pense que l'auteur de ces lignes est superficiel, névrosé et qu'il fait ses robes en fonction de ses chaussures qu'il trouve optimistes.
Ce que j’aime dans le lolita, c’est de pouvoir me sentir incroyablement belle… Belle comme lorsque je tournoyais dans la robe que je recevais à chaque Noël de ma grand-mère paternelle. La plus
belle et heureuse période de ma vie : L’Enfance. Quand je dis beauté, je ne parle pas de cette beauté narcissique qui rend incapable d’admirer les autres. Je parle
de ce sentiment de beauté accompagné de pureté et d’apaisement. C’est ce que je ressens lorsque je m’habille en lolita… Parce que j’ai grandi et que l’apaisement et la pureté ont laissé place à
ce qu’une femme doit être : belle pour les hommes, pour leur plaire. J’ai été une fille délurée juste comme mon âge me l’autorisait, et plus je grandissais, plus la limite reculait devant mes
yeux et la pression des hommes, de leurs regards, leurs approches devenaient autres que celles des garçons du lycée et je ne l’ai pas supporté. Je ne voulais pas grandir pour devenir une femme
qui plaît aux hommes. Je voulais qu’on me laisse en paix et je me suis sapé en noir de la tête aux pieds. Je suis tombé dans une marre de goudron qui me collait du noir à la peau en permanence.
Il m’était alors inconcevable de m’imaginer porter de la couleur. Et puis le lolita est arrivé. Il m’a entièrement enveloppé et je me suis trouvé plus belle que jamais, sans
ressentir de peur face à la réaction des hommes… Ils étaient loin, loin de mon esprit. Je me sentais complètement apaisé, posé sur un petit nuage blanc flottant dans le ciel. Hier, je montrais à ma mère ma dream dress du moment, elle m’a dit « Mais c’est une robe de bébé ! », j’ai
souri et je lui ai répondu « quand tu mets cette robe, tu décolles, tu te sens légère, légère… ». Le week-end dernier, j’ai été à un mariage en lolita, les gens n’avaient jamais vu ça de leur vie.
Quand je suis arrivé à la salle des fêtes, j’ai entendu des petits rires nerveux et des marmonnements genre : « C’est le carnaval ou quoi ? ». Mais je
ne me suis absolument pas sentis perturbé par leur regard. J’étais parfaitement serein, confiant et à l’aise, au final, je pense qu’ils ont compris qu’il s’agissait de mes vrais vêtements et les
petits rires nerveux ont laissé place aux regards remplis d’étoiles des jeunes filles et femmes que je croisais. Je pense que même sans forcément envier mes vêtements, elles ont compris et ont été sensibles à l’esthétique que
j’apportais. Pendant le dîner, des femmes qui venaient saluer ma mère et ma grand-mère n’ont pas manqué de me dire qu’elles me trouvaient mignonne et originale. Ma mère pourtant perplexe face au
lolita a répondu fièrement que j’étais sa petite poupée. Je pense que me voir évoluer en public, lui a fait comprendre ma façon de vivre le lolita.
Ce que je veux apporter aux gens autour de moi en étant une lolita : Ce sourire attendrit et serein de l’Enfance
que j’ai retrouvé. Une immense bouffée d’air frais et de puérilité, de rêverie, d’imaginaire… Que l’on s’évade cinq minutes.
Un jour mon aimée m’a dit : « on entend dire toutes sortes de ragots dégueulasses sur nous, et nous on ne dit jamais rien. »
Je me suis longtemps tâté pour écrire cet article. J’ai observé jusqu’au bout pour comprendre, avoir le plus d’élément possible à analyser afin de pouvoir reconstituer au mieux ce qu’il c’était
passé.
Je ne suis pas un saint. J’ai des défauts dont celui de devenir très méthodique si on me met dans une colère noire. De tous les défauts que j’ai, celui sur lequel je dois le plus travailler,
c’est ma crédulité. J’ai laissé trop de gens m’approcher avec les plus belles intentions du monde qui n’ont eu de cesse de me nuire et de me cracher dessus sans aucune raison valable.
Valable ? C’est que la valeur est finalement une notion subjective. Elle est différente d’une personne à une autre.
Il a été dit beaucoup de choses sur moi. Je n’ai rien dit jusqu’ici. Mais il suffit des intrigues, des mensonges et des fantasmes.
On m’a approché en me parlant d’un projet qui donnerait une plateforme d’expression artistique bénéfique à la communauté lolita de Paris en passant par le Japon et Los Angeles. J’étais très
enthousiaste.
Un jour, quelque chose m’a paru étrange. Je me suis inquiété pour une lolita et j’ai demandé à y voir plus clair. On m’a dit « Mais on s’en fout des lolitas ! Pense à ta pomme ! Au Japon à Los
Angeles ! ». J’ai répondu « non, je ne m’en fout pas des lolitas. Entre la parole d’un étranger et celle d’une lolita, c’est la lolita que je crois. ». On a tenté de m’intimider. On m’a menacé.
Je ne suis ni achetable, ni impressionnable.
Dès lors, moi et mes principes de merde sommes devenus une gêne. Tout ce que j’avais pu dire avant, de la plus petite phrase à la plus grande éloge à été transformé, détourné empoisonné et jeté
aux quatre vents pour polluer mon air et me salir. J’ai été diabolisé et insulté. On m’a nuit de toutes les manières possibles et imaginables en allant même jusqu’à inventé des propos que
j’aurais tenu.
Le but de la manœuvre ? M’isoler, me faire taire, me faire détester par les lolitas.
Je me suis dit que tous ces ragots étaient beaucoup trop gros pour être avalés. Que si je ne donnais pas de crédit à la parole d’un étranger, les autres lolitas en feraient de même. Sauf que la
stratégie était plus vicieuse, et ce sont des lolitas qui ont été utilisées pour me salir en colportant tous ces ragots sur moi. Me faisant passer pour un démon maléfique calculateur capable de
manipuler tous les esprits autour de moi et de les plier à mes volontés de « petite princesse ».
Certaines personnes frissonnent en entendant ces histoires de démon maléfique à deux visages… Elles avalent tous les serpents qu’on leur donne tant cela apporte à leur imagination, à leur ego de
pouvoir pointer d’un doigt une seule et même personne et de l’accuser de tous les maux de leur vie.
Comme l’humain a toujours eu besoin de personnifier le Mal pour se dédouaner de sa propre connerie.
Lorsque tout est parti en live, j’ai de nouveau été pointé du doigt, accusé de toutes sortes de diffamations et de faits complètement loufoques. Moi, Korrigan, j’ai mes doigts posés dans vos
cervelles que je contrôle à ma guise. Je reste à vos côtés au bas des escaliers pour que vous ne soyez pas seul mais derrière je me moque de votre difficulté. Moi Korrigan, suis le Maaaaaal ! Et
grâce à mes seuls pouvoirs maléfiques, j’ai anéanti vos vies et vos projets.
Mais le Démon Korrigan, s’il existe, n’est pas sorti une seule fois de sa tanière depuis le début de cette histoire. Je le sais, et toutes les autres lolitas concernées le savent aussi. La
vérité, c’est que ce jour-là, ce n’est pas une lolita démoniaque qui a agit mais bel et bien la communauté qui s’est solidarisée en oubliant ses conflits internes pour dire « NON ! ».
Le démon Korrigan n’a rien fait pour la simple et bonne raison que je suis viscéralement convaincu que déconner avec une lolita, c’est déconner avec toutes les lolitas. Et pour mon plus grand
bonheur, je ne suis pas le seul à avoir cette conviction.
On peut dire ce que l’on veut sur les lolitas. Que c’est une communauté de commérages et qu’elles se crêpent le chignon entre elles pour tout et n’importe quoi, mais il y a une chose que la
communauté à démontrer une fois de plus ce jour-là. Les lolitas conscientes, ou non, ont le sentiment d’appartenir à un même ensemble, « une famille ». Une famille remplie d’embrouilles et de
drama, certes. Mais elles sont capables de tout oublier et de se faire confiance pour protéger l’intégrité de la famille. Je suis heureux de me sentir membre de cette famille.
À vous qui êtes resté auprès de moi du début jusqu’à la fin. À vous qui n’avez jamais cru un seul traître mot de tous les ragots colportés sur moi. À vous qui m’avez soutenu et même défendu.
Je ne sais pas comment mieux vous exprimer ma gratitude autrement qu'en vous le disant: vous êtes posés sur mon coeur comme la mer porte le visage du ciel sur son dos.