Je l’avoue, probablement comme la plupart des lolitas adultes, j’ai traversé une crise loli-existentielle, j’ai
songé à quitter le style et à me retirer en grande partie de la communauté.
« La vie d’un homme, c’est son image », j’ai toujours considéré mon image comme une forme
d’expression, un message. Je peux lire l’histoire de ma vie en observant les différents looks que j’ai eus. Le lolita correspond à une période difficile où il me fallait puiser dans mes réserves
et même au-delà. Les robes m’enveloppaient et me réconfortaient.
Mon existence a été secouée par l’année du Tigre et j’en suis ravie. J’ai trouvé une autre source de réconfort
que mon univers de dentelles et de froufrous. Je me suis éloignée de tout ce qui pouvait me malmener l’esprit et j’ai redécouvert le fond de mes tripes.
J’ai trouvé une forme de symbiose avec mon corps, même si je m’aide toujours d’un réveil à midi pour ne pas
oublier de manger. Mon corps n’est plus le véhicule de ma fureur. Ésseulée, j’ai retrouvé la hargne qui sommeillait en moi et je me suis remise à créer. J’ai de nouveau une cadence d’écriture
productive.
Il m’est déjà arrivé de ne finalement pas aller à un meeting pour rester enfermée chez moi à pianoter sur le
clavier. Le lolita reste une région ensoleillée de ma mère patrie, mais je me sens enfin assez blindée pour replonger en moi-même.
Je ne quitterai pas la communauté et le lolita. J’y suis encore trop attachée et j’ai encore du temps à leur
consacrer, mais si je lève les yeux à l’horizon, je vois pointer au loin un paysage nouveau et inconnu.
Un soupir dit : « Les temps changent ! », Je dirais plutôt : les gens
changent !
Moi y compris !
L’aventure lolita débute pour moi, avec un violent électrochoc : le jour où je me suis rendu compte de la
falaise qui dissociait mon corps de ma pensée.
Mon corps était en haut d’une falaise, mon esprit tout en bas. Cette distance s’est imposée à moi, lorsque mes
mains refusèrent d’ouvrir une boîte de conserve ou d’ouvrir une bouteille. Lorsque mes bras refusèrent de soulever un pack de lait, une bouteille de gaz, ou une pile de livre. Lorsque la
sensation de mes articulations s’est évaporée, lorsque le goût des aliments a cessé de me manquer. Et pour finir, le grand électrochoc, je marchais dans mon salon, et mes yeux ont refusé de voir.
L’obscurité tombait comme un voile noir, mes jambes ne me répondaient plus, je savais que je tombais, je refusais que ça arrive. Mon esprit ne voyait rien, ne sentais plus les muscles, les os, la
peau, je n’entendais plus que mon cœur furieux après moi, qui donnait des coups dans ma poitrine. Dans le noir complet de mon corps éteint, il m’engueulait : boum-boum-voilà ce qui passe -
boum - quand on démissionne - boum - face à son corps boum- il t’abandonne boum !!!!
Mon corps était en haut d’une falaise, j’étais en bas. Je levais la tête devant ce rempart de roche volcanique
vertigineux, la seule pensée qu’il allait falloir l’escalader, mains, coudes et genoux nus contre la roche me faisait mal.
Et j’eu très mal.
Lorsque je regarde derrière moi, je peux voir chaque étape de cette épreuve. J’ai toujours considéré le corps
comme une sculpture vivante, ou un langage expressif tridimensionnel. Et mon lolita reflète tout ce que j’ai voulu exprimer. Toute ma lutte contre la pesanteur, à la verticale sur cette
falaise.
2007
Lorsque j'ai commencé mon ascension, il me fallait un serre taille pour maintenir ma robe sur mes hanches... Il
m'était également inconcevable de porter de la couleur.
2008
Année de mon arrivée à Paris! Mon corps est encore loin, mais l'espoir et l'émerveillement me maintiennent
accrochée !
2009
La couleur s'invite dans mon univers, avec du rouge foncé de Baby pour commencer. Parce que ce rouge est la
couleur que ma mère étale sur ses lèvres depuis toujours, il est pour moi symbole de féminité et de réconfort.
J'ai vu un morceau de ciel par-dessus la falaise. Je me mets à coudre des robes colorées, mais dans l'ensemble,
ça reste sobre, plutôt Classic.
L'obscurité revient parfois. Je n'oublie pas d'où je viens...
2010
Fatigue oblige, cette année, dernière ligne droite de mon ascension fut de loin, la plus éprouvante. Je
devais économiser mes forces, me concentrer sur l'essentiel et ne surtout pas baisser les bras. J'avais escaladé plus de la moitié de la falaise, je n'étais pas sûre de pouvoir me relever si je
chutais à ce moment-là. J'ai dû couper des liens en cours de route, pour alléger mon coeur essouflé et continuer de grimper, je voyais enfin le sommet de la falaise !
2010 est passée. J'ai pris des vacances pour souffler, mon esprit exténuer aux pieds de mon corps. J'ai
tellement galéré pour le retrouver, ses sensations, son image dans le miroir, ses points forts, ses points faibles... Ce que je voudrais en faire pour 2011 ?
Vendredi dernier, je suis allé chez mon coiffeur à Bastille. Alors que j’étais assise sur la banquette à
attendre que mon coiffeur attitré vienne me masser le cuir chevelu dans le bac à shampoing, une de ses collègues, a entamé la conversation.
Elle m’a raconté qu’une de ses amies qui ne s’habillait qu’en jogging, ne se maquillait jamais, ne se coiffait
jamais etc… Était devenue lolita. Gothic Lolita. Que son amie était tombée dedans jusqu’au cou et revendiquait de pouvoir se sentir féminine jusqu’au bout des ongles, tout en refusant
l’hypersexualisation de l’image féminine de notre bonne société. Elle m’a raconté que son amie, grâce au lolita, s’était réconciliée avec la femme dans le miroir. Qu’elle revendiquait sa
féminité, son Femina, qu’elle avait trouvé un style qui lui permettait d’aimer être une femme à sa manière, et de le jeter à la face du Monde.
J’ai écouté un sourire aux lèvres. Ça y est, ai-je pensé, notre message commence à arriver aux oreilles
des français. Ça y est, ils commencent à avoir au moins une lolita dans leur entourage.
C’est impressionnant tout de même. Que veulent les lolitas ? Sourire au miroir, rien de plus, et l’on
appelle cela une révolution.
Je suis féministe, du mouvement de celles qui ont conquis le droit de vote, au travail et à un compte en banque
sans autorisation d’un père, ou d’un mari. Ces femmes qui à leur époque ont fait la révolution en pantalon, devraient être très perplexes si on leur disait que le lolita est appellé "révolution".
Nous n’avons plus besoin de porter des pantalons pour rappeler au Monde que nous sommes là et qu’il va devoir satisfaire à nos exigences et s’en accommoder. Aujourd’hui, nous affirmons notre
féminité féminine comme nous l’entendons, avec tous les trucs de femmes que vous pouvez juger relever de la rêverie, du romantisme, de l’émotionnel. Nous imposons notre définition de la beauté au
féminin dans la rue, le métro, les restaurants, parfois au travail… Et il va falloir faire avec.
Voici un article pour vous messieurs ! Et mesdames, puisque vous aurez la curiosité de le lire
aussi ;)
Chers messieurs, vous qui nous aimez, sachez que vous venez de vous lancer dans un véritable
Sacerdoce.
Vous venez de conquérir le cœur d’une lolita, c’est une femme certes, mais elle a quelques particularités,
qu’il vous faut prendre en compte pour être son Prince Ad vitam Eternam…
Dans ce modeste billet, nous tenterons de vous guider en 11 points!
1 – L’homme de la lolita est patient. Une lolita met minimum 1h à se préparer pour sortir.
2 – Une lolita s’habille ainsi pour se sentir belle. Ainsi son homme ne doit pas oublier de lui dire après
deux heures d’attente une fois qu’elle est sortie de la salle de bain: Comme tu es belle ma chérie !
3 – Les lolitas doutent parfois de leur coordination. Attendez-vous à ces questions : Est-ce que tu
trouves que le sac Usakumya irait bien avec la Memorial Cake ? Parce que Baby et Angelic Pretty sont rivaux à la base, tu vois ce que je veux dire ? Ca ne te choque pas si je mets les
chaussettes de la Ichigo Millefeuille avec Gingham Strawberry Ribbon et un bow plutôt rose que mint ?
Vous n’êtes pas obligé de connaitre sa garde robe sur le bout des doigts, mais essayez de retenir le nom de
ses articles préférés, un homme qui dit à sa loli-femme : je te préfère dans la Fallin Fallin Cherry, c’est sexy !
4- L’homme de la lolita se met toujours devant elle en descendant les escaliers, de manière à ce qu’elle
puisse prendre appui sur son épaule au cas où elle rate une marche. Sachez le, avec son énorme jupon qui gonfle sa jupe, la lolita ne voit pas les marches.
5- Quand la lolita doit aller dans un endroit qu’elle ne
connait pas, son homme doit prendre avec lui un grand sac pour y mettre les affaires de sa loli-femme. Quelles affaires ? Me demandez-vous… Imaginez-vous qu’une fois là-bas, le sol soit
plein de graviers, de poussière ou pire, de boue ! Vous croyez qu’elle acceptera de salir ses Tea Party blanches payé 150€ ? Non ! Il lui faudra ses ballerines de secours que VOUS
aurez apporté dans le dit sac ! Il en va de même avec le pull, au cas où il fait froid, la brosse, au cas où il y a du vent, le parapluie pliable de Baby au cas où il pleut etc…
6- Si l’homme vit avec sa loli-femme, il doit avoir du caractère pour ne pas se retrouver dans une maison
toute en rose et griller ses tartines dans un grille-pain « Hello Kitty » le matin.
7- L’homme de la lolita doit parfois être intraitable avec sa loli-femme. Un exemple typique de la force
mentale dont il doit faire preuve :
- Je te préviens, si tu achètes cette robe à 500€ alors qu’on a plein de
factures à payer ce mois-ci, je mets ta précieuse Chandelier Print sur Ebay !
Ce type de menace aura toujours raison de la fièvre acheteuse de la lolita. Rassurez-vous cela dit, la fièvre
lui passe après quelques jours, mais c’est une maladie très fréquente chez les lolitas.
8- Les lolitas sont très territorialistes dans un domaine en particuliers, et il est vain de lutter :
l’armoire.
9- Il y a trois onglets que vous ne devez JAMAIS fermer sur l’ordinateur de la lolita, et cela même par
accident !
- Gothiclolita.jeun.fr
- Yahoo Japan Auctions
- Mbok
A adapter pour chaque lolita.
10- L'homme de la lolita est un peu photographe. Il doit prendre la tenue du jour de sa loli-femme pour
qu'elle puisse la montrer à ses copines sur les forums!
11- L’homme de la lolita, sait qu’un jour, il devra subir une épreuve ultime : le meeting lolita. Mais
qu’il se rassure, bien souvent, il ne sera pas le seul homme contraint à cet exercice. Sur place, il trouvera toujours des compagnons d’infortune, obligés de faire bonne figure à côté de leur
loli-femme.
Si vous n’êtes pas paniqué devant cette modeste liste, à laquelle on peut ajouter des milliers d’autres
points, alors, vous avez tout pour être notre merveilleux Prince, seul et unique rempart contre notre lolitamanie.
Il est un thème en art qui me ressemble plus que les autres.
Il est une Réalité qui m’a profondément marqué plus que les autres.
Il est un péché qui m’est propre plus que les autres.
La vanité.
La vanité est apparue à la Renaissance dans la peinture flamande. Le plus connu des tableaux appartenant à ce
thème fut peint par Hans Holbein. Dans ce tableau, l’on peut observer deux hommes, des ambassadeurs, réunis autour d’une table sur laquelle est posée des objets symbolisant les sciences, les arts
et les plaisirs terrestres. Une étrange figure attire alors notre attention aux pieds des deux hommes. Quelques pas à droite du tableau, et l’anamorphose révèle sa vraie nature : Un
crâne.
Hans Holbein, Les Ambassadeurs 1533.
Un crâne qui nous dit : toutes vos sciences, votre culture, vos croyances, tout cela est vain. La mort
attend chacun d’entre vous.
Ma vanité, la plus belle, la plus terrassante, m’a été offerte l’été de mes quatorze ans. Lorsque la nature
laisse enfin libre court à sa fureur de vivre et de se perpétuer. Autour de ton corps sans vie, des fleurs, des fruits, des nuages légers comme des anges dans le ciel. Tu souris, une rose entre
tes mains, tu disparais derrière la vitre et le bruit des flammes me laisse seul avec une énorme plaie derrière mon sternum, qui sait quand s’ouvrir à nouveau pour me faire très mal.
Nous sommes en vie, parce que nous allons mourir. Réalité, Réalité, Réalité.
La vanité de l’existence, son caractère éphémère coule en moi comme autant de petits éclis de miroir. Chaque
battement de mon cœur sonne tel une horloge. La Réalité m’a permis de connaître dans ma chair ce moment, où résigné on fini par s’incliner. Où l’on accepte que tout s’arrête, on l’on se sent
soulagé et en paix face à l’universalité de l’éphémère, et avec un sourire, l’on s’y abandonne.
Mais la fin n’eut pas lieu. Et j’ai alors compris pourquoi chaque printemps, la nature se réveille et relance
sans cesse le cycle du vivant. J’ai compris pourquoi des créatures telles que les manchots empereur pour citer un exemple, luttaient contre les éléments, et dans l’acceptation que cela puisse
leur coûter la vie, pour engendrer leur descendance. Alors je me suis relevé, et j’ai affronté le Désert de Glace. Je ne savais pas vraiment pourquoi je m’infligeais de continuer à vivre avec
cette énorme plaie purulente derrière mon sternum. Je me disais qu’à force de me projeter dans le monde des vivants, qu’à force de m’y raccrocher avec hargne, je finirai par y trouver un sens
personnel. Tous les êtres vivants, ont leur raison. Il fallait que je trouve la mienne.
Le cœur est une entité à lui seul. Il s’arrête de battre s’il n’y a plus de raison de vivre, c’est le fameux
« Taku Tsubo ». Je ne prétends pas savoir comment ça fonctionne, mais je pense que si le cerveau est l’organe vital par excellence, le cœur possède lui, sa raison de vivre. À quoi bon
continuer de battre et de maintenir un cerveau en vie s’il contient un esprit qui de sa propre volonté a déserté le monde des vivants ?
Je suis en vie, je ne suis pas encore mort. Mon cœur sait mieux que moi que j’ai encore des choses à faire ici
et il ne s’arrêtera pas de lui-même tant que je ne les aurai pas accomplie.
Le temps passe très vite, la vie est éphémère et fragile. J’aurai pu rester rouiller sur place. Mais je me suis
battu, je me suis ouvert d’autres plaies, j’ai traversé les Océans, lutter contre moi-même et mon fatalisme. Je suis là, toujours à me faire mal de vivre, je pourrais baisser les bras. Mais je
pense alors aux êtres vivants de l’Antarctique, le vrai Désert de Glace. Ces créatures qui ont l’orgueil de vivre et de se reproduire sous le climat le plus hostile du globe. La vie est Vanité.
S’il n’y avait pas l’orgueil de se projeter un avenir, des ambitions, des rêves… À quoi bon rester en vie ?
Mes amis m’ont souvent dit que mon arrogance était fracassante. Elle l’ai autant que ma fureur de vivre. Je suis
là, alors que je pourrais ne plus l’être. J’ai un sens à ma vie, des projets d’avenir, des moyens d’y parvenir, alors que je pourrais ne pas savoir où aller et avoir les mains vides. C’est
l’orgueil qui nous empli de joie quand nous rêvons éveillés, quand nous guérissons notre corps ou notre cœur brisé, quand nous réussissons là où nous aurions pu échouer. Et il est hypocrite de le
nier. Nous vivons parce que nous avons l’orgueil de croire en nos capacités à accomplir nos rêves et nos projets.
Les gens n’aiment pas quand on est trop fier. Il n’est pas correct de dire son intention de réussir un projet,
cela l'est d’autant plus si vous n’avez pas beaucoup de moyen. Il n’est pas correct d’être fier de ses qualités, et encore moins de ses défauts. Mais l’un ne va pas sans l’autre. Nous avons telle
qualité, parce qu’il va de paire avec tel défaut. L’on peut se sentir honteux, d’avoir des défauts, je préfère être indulgent à leur égard. Quelle arrogance !
L’on voudrait se voir parfait, sans défaut, mais personne n’est Jésus Christ ou la Vierge Marie. Des hommes et
des femmes de Bien, connus pour leurs actes de bonté et d’altruisme ont tous leur face irrégulière, semée de cratères et de blessures narcissiques. De blessures envers l’amour qu’ils se portent à
eux-mêmes.
S’aimer soit-même, quelle arrogance !
Quelle arrogance de se pardonner le petit travers à l’impulsivité autant que l’irrégularité de ses traits de
visage, ou des creux osseux de son corps !
Quelle arrogance de se flatter de sa persévérance ou de la couleur de ses yeux !
La mort vient droit sur nous. Le monde nous écrase, nous réduit à l’état de chiffres, de carrés s’emboîtant les
uns dans les autres. Nous impose un modèle unique de ce qu’est l’être humain idéal et blâme sans pitié ceux qui ne parviennent pas, ou ne veulent pas s’en approcher. Nous persécute de
commentaires, de critiques de jugements sur nos erreurs, sur nos choix et nos petites victoires sur la vie.
Il faudrait se plier docilement devant les exigences d’une société ultra individualiste, photoshopée et
totalement déshumanisante. Il faudrait voir chez l’autre ce que nous n’avons pas et ne surtout pas réaliser le potentiel que nous possédons en nous-même pour alimenter un manque constant, un
cercle vicieux de besoins et d’envies insatiables.
Et passer à côté de ce qu’est la chance d’être vivant et d’aimer à travers soit, la vie.
« La personne que tu aimes est celle qui te fait le plus de mal. »
À chaque fois que je ferme mes yeux, je peux te voir derrière mes paupières. À chaque fois que je parle, je peux
t’entendre entre mes mots. Je vois ton visage partout dans la rue. Peu importe la distance que j’ai parcouru pour te fuir. Tu continues de me faire mal.
Tu viens la nuit dans mes rêves. Les fleurs blanches des champs de cannes à sucre se mettent à plier sous
l’alizé rouge du crépuscule de juillet. Où que je me trouve, dès que ton image se colle sur ma rétine, je ne vois que du vert et du bleu. Tu as l’odeur de la pluie, de l’eau douce et glaciale qui
racle les montagnes de basalte. Tu es le monde végétal imprenable.
Je vois les nuages lorsqu’ils essayent de te surplomber, mais qu’ils restent prisonniers de tes remparts
vertigineux verdoyants de fougères arborescentes. Tu les captures. Les arums, les anthuriums, les orchidées, les arbres, les mousses… Tout ton peuple végétal s’abreuve au cœur même des nuages que
tu retiens pour les nourrir.
J’ai beau partir. Partir très loin, vivre dans le tourbillon des mégalopoles, loin de ton écrin immuable… Le
souffle du vent dans les feuilles de manguiers et de palmiers, le chant du cardinal et du petit tectec me parviennent par dessus le bruit du métro, du métal, de ma fureur.
Tu m’as fais naître. Tu m’as donné mes plus beaux souvenirs avant de me faire rouiller. Je t’ai fui. Je suis
parti loin. Mais à chaque fois, toujours, comme une horloge bien réglée, un mal s’immisce en moi, une peur bleue qui me noue les tripes. Et comme un boomerang, je reviens vers toi.
À chaque fois, je sais que tu vas apaiser ma plus grande terreur, pour ensuite me faire comprendre, que tu n’as
pas de place pour moi. Que le vert et le bleu que tu déploies devant moi ne sont là que pour marquer ma mémoire au fer rouge et brulant de tes étés. Tu vas tout faire pour me virer, m’étouffer et
me dire que tu n’as rien pour moi et comme à chaque fois, je vais prendre la décision de te quitter. Et comme à chaque fois je vais littéralement mourir en m’éloignant de toi. Quand je verrais
tes belles montagnes s’éloigner, l’Océan indien au dessous de moi, je vais mourir comme un orphelin qui perd son identité en même temps qu’un de ses parents. Je vais être terrorisé. Puis, une
fois à l’autre bout du monde, je m’efforcerai d’oublier. De t’oublier. Et comme un boomerang, je te reviendrais.
Battle for The Sun dormait dans mon iphone depuis des lustres. Je l'avais écouté une
fois peu après l'avoir acheté. Mais je ne sais pas pourquoi, je n'avais pas réussi à l'écouter. C'est comme si mon cerveau était débranché, le son de Placebo n'arrivait pas jusqu'à
lui.
Et puis un jour, je me suis souvenu que je l'avais et que je ne connaissais même pas
une seule parole de cet album alors que je connais tous les autres par coeur! Je me suis mis à l'écouter, et là... Oui, je suis bien sorti de l'Hiver, les paroles de Brian ont réussi à
m'atteindre!
Je passe cet album en boucle car ces sons de jouets d'enfant me rapellent leur
premier album. Parce que Brian qui est sobre n'est plus en mode blasé de la vie et chante des paroles tournées vers la lumière, et il les chante très bien d'ailleurs! Il chante bien mieux
qu'avant, j'ai pu le vérifier en regardant des lives récents, il a bronzé (Soleil oblige), il a changé de coiffeur, il est sobre et chante merveilleusement bien! Le son de Placebo s'est enrichit
d'une choriste, de violons, de clochettes, de trompettes et d'autres instruments encore c'est juste magique, c'est du Placebo aphrodisiaque, un album qui est là pour me faire du bien... Et je
suis en extase!
Il y a quelques jours je vous parlais d'une coordi que je préparais... ça y est!
Elle est prête!!! Voici ma dream coordi pour la Tea Party de Baby The Stars Shine Bright qui a eut lieu aujourd'hui!
Headdress: Fallin Cherry de Baby The stars shine Bright, 45€.